Renforcement de la sûreté maritime en Afrique de l’Ouest et du Centre

Renforcement de la sûreté maritime en Afrique de l'Ouest et du Centre

Conformément aux résolutions 2018 (2011) et 2039 (2012) du Conseil de sécurité de l'ONU, la vingt-huitième session de l'Assemblée de l'OMI, organisée au siège de l'Organisation du 25 novembre au 4 décembre 2013, a adopté à l'unanimité la résolution A.1069(28), soutenant ainsi les travaux menés actuellement par l'OMI pour prévenir et réprimer les actes de piraterie, les vols à main armée et toute autre activité maritime illicite commis à l'encontre des navires dans le golfe de Guinée. Depuis l'adoption de la résolution, l'OMI a poursuivi ses efforts pour aider les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre à s'assurer que ces objectifs ont été atteints.


Cliquez sur les images ci-dessous pour télécharger la brochure présentant les activités menées par l'OMI en Afrique de l'Ouest et du Centre. La brochure est disponible en langues anglaise, française et espagnole

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Coopération technique

À cette fin, l'OMI fournit une assistance aux États Membres de la région pour la mise en œuvre de deux accords régionaux connexes :

  1. Le Code de conduite relatif à la répression des actes de piraterie, des vols à main armée à l'encontre des navires et des activités maritimes illicites en Afrique de l'Ouest et du Centre, également appelé le Code de conduite de 2013, est un accord régional complet de sûreté maritime ayant été adopté à Yaoundé (Cameroun) au mois de juin 2013 par les chef d'États et de Gouvernements, ou par leur représentant respectif, de 25 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre ;
  2. Le Mémorandum d'entente sur la mise en place d'un réseau sous-régional intégré de garde-côtes en Afrique de l'Ouest et du Centre, également appelé le Mémorandum d'entente OMI/OMAOC, a été adopté au Sénégal au mois de juillet 2008, et a été signé par 16 des 20 États côtiers qui composent l'Organisation maritime de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (OMAOC).

Les activités de coopération technique menées en Afrique de l'Ouest et du Centre dans le cadre de la résolution A.1069(28) de l'OMI, du Code de conduite de 2013 et du Mémorandum d'entente OMI/OMAOC, couvrent :

  • La formation
  • Le renforcement des capacités
  • L'élaboration de la législation
  • Le partage des renseignements
  • L'organisation nationale

Cliquez ici pour consulter la liste des activités de sûreté maritime les plus récentes menées par l'OMI aux échelles nationale et régionale, en Afrique de l'Ouest et du Centre et dans d'autres parties du monde, sur notre page Assistance & Training

 


Des représentants de Sao Tomé-et-Principe et du Libéria en compagnie d'un expert du Service des garde-côtes des États-Unis lors d'un atelier organisé au Bénin

 

Des activités régionales de coopération menées avec d'autres organismes des Nations Unies, partenaires de développement et organisations régionales

Afin de soutenir la mise en œuvre du Code de conduite de 2013 et du Mémorandum d'entente OMI/OMAOC, sous réserve que des fonds soient disponibles, l'OMI entreprend des activités de formation régionales et sous-régionales à l'intention des États Membres afin de partager des meilleures pratiques, de renforcer la confiance et d'encourager la coopération transfrontalière concernant les grands défis actuels.

Dans certains cas, l'OMI mène plusieurs activités dans la région aux côtés d'autres organismes des Nations Unies et partenaires de développement dont, entre autres, le Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique central (BRENUAC), le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest (BRSAO), l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), et l'Organisation mondiale des douanes (OMD). Au travers de ces activités conjointes, des connaissances relatives à différents domaines d'expertise sont partagées sur un grand nombre de questions, parmi lesquelles la mise en œuvre pratique des mesures de sûreté au sein des ports, la facilitation du trafic maritime, la répression des actes de piraterie, des vols à main armée à l'encontre des navires, des trafics maritimes illicites et de la criminalité transnationale organisée.

En outre, concernant les questions de sûreté maritime, les actes de piraterie, les vols à main armée à l'encontre des navires, et les autres activités maritimes illicites, l'OMI travaille en étroite collaboration avec des organisations régionales comme, par exemple, l'Association de gestion des ports de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (AGPAOC), l'Organisation maritime de l'Afrique de l'Ouest et du Centre (OMAOC), qui supervise la mise en œuvre régionale du Mémorandum d'entente OMI/OMAOC, ainsi que la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Commission du golfe de Guinée, trois organisations chargées de superviser ensemble la mise en œuvre régionale du Code de conduite de 2013.

Parmi les activités conjointes mentionnées ci-dessus nous retrouvons, par exemple, le séminaire régional sur la sûreté des ports et des transports maritimes, organisé à Cotonou (Bénin) au mois de juillet 2013, et le séminaire régional sur les passagers clandestins en Afrique de l'Ouest et du Centre, organisé à Abidjan (Côte d'Ivoire) au mois de mars 2014.

 

Une approche « Afrique au service de l'Afrique »

L'OMI soutient fermement l'application des enseignements tirés au service de nouvelles initiatives en Afrique comme, par exemple, le Code de conduite de Djibouti. En conséquence, l'OMI a organisé, en collaboration avec le Centre d'entraînement aux opérations d'interdiction maritime de l'OTAN au mois de septembre 2015, un cours de formation sur la conduite d'enquêtes criminelles – y compris  pour les actes de piraterie et toute autre activité criminelle. À cette occasion, des fonctionnaires chargés de l'application des lois et venus d'États signataires du Code de conduite de 2013 et du Code de conduite de Djibouti, ont pu être formés et partager leurs expériences respectives. Cliquez ici pour en savoir plus. 

 
 
Table ronde sur la prévention des cas d'embarquement clandestin lors d’un séminaire régional organisé en Côte d'Ivoire
 

Exercices de simulation de l'OMI en Afrique de l'Ouest et du Centre

Les exercices de simulation de l'OMI sont un élément essentiel de la stratégie globale de l'Organisation pour renforcer la sûreté maritime en Afrique de l'Ouest et du Centre. En effet, ils s'inscrivent dans le cadre d'une approche progressive portant sur les capacités à l'échelle nationale, et sont une opportunité inestimable d'aider les États Membres d'Afrique de l'Ouest et du Centre pour identifier les lacunes et les incohérences de leurs stratégies actuelles en matière de sûreté maritime.

Ces exercices s'adressent au personnel supérieur des ministères pertinents ayant un pouvoir décisionnel, dont, entre autres, l'administration maritime nationale, les autorités portuaires, la recherche et le sauvetage, les affaires étrangères, la finance, le Bureau du Procureur général, la défense, les services de renseignement, la police, la marine, les douanes et la police des frontières, le service d'immigration, l'aviation, la pêche, et l'environnement. Plus précisément, ces exercices ont vocation à :

  • Promouvoir une approche interinstitutions qui mobilise l'ensemble des pouvoirs publics pour faire face aux difficultés en matière de sûreté maritime et d'application du droit maritime ;
  • Mettre en lumière la nécessité d'opter pour une approche intégrée pour faire appliquer la législation maritime, y compris pour mettre un terme aux actes de piraterie et aux vols à main armée à l'encontre des navires ;
  • Favoriser les débats et démontrer la nécessité d'une coopération entre les ministères, ainsi qu'entre les autres organes et parties prenantes ;
  • Identifier la meilleure manière avec laquelle l'OMI et les autres partenaires de développement peuvent soutenir les efforts des États Membres visant à améliorer les capacités fonctionnelles de leur garde-côtes dans le but d'améliorer la sûreté et la sécurité maritimes, et la lutte pour la protection de l'environnement.

Afin d'atteindre ces objectifs, les exercices comprennent une gamme de scénarios évolutifs qui permettent de déterminer les rôles et les responsabilités de chacun, les processus et procédures à suivre, et d'anticiper la dynamique de l'ensemble, au quotidien comme lors d'un incident où plusieurs acteurs seraient impliqués. La difficulté des scénarios varie et implique des défis simples et des défis complexes. Cela a pour objectif d'améliorer l'aptitude des fonctionnaires de catégorie supérieure pertinents agissant en qualité de comité national de sûreté maritime à prendre des décisions collectives.

Au sortir de l'exercice, l'OMI et le pays hôte ont une idée relativement exacte des pays qui pourraient bénéficier d'une assistance technique fournie par l'Organisation (en partenariat avec d'autres organismes, lorsque cela est approprié).

Les résultats escomptés au sortir des exercices comprennent :

  • L'élaboration d'une stratégie maritime nationale
  • L'élaboration d'une stratégie nationale en matière de sûreté maritime
  • La reprise ou la création d'un comité maritime national de sûreté et de la simplification des formalités
  • L'élaboration de procédures et de plans maritimes nationaux en matière de sûreté

Depuis 2012, ces exercices ont été menés dans les pays suivants : l'Angola, le Bénin, Cabo Verde, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Gambie, la Guinée équatoriale, le Libéria, la Mauritanie, le Nigéria, la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo. L'OMI prévoit de d'organiser ces exercices dans d'autres pays de la région, dont le Cameroun, la Guinée, la Guinée-Bissau et Sao Tomé-et-Principe, en temps voulu.

À la suite du franc succès de l'exercice de simulation pilote organisé à Accra au mois de juillet 2012, le Ghana a repris son Comité national de sûreté maritime et l'OMI collabore désormais avec l'Autorité maritime du Ghana en faveur de l'élaboration d'une stratégie nationale en matière de sûreté maritime.

Toujours dans le cadre de la stratégie globale de l'OMI pour la mise en œuvre de mesures durables en faveur de la sûreté maritime en Afrique de l'Ouest et du Centre, l'Organisation a créé un programme complet d'assistance technique pour la région et est actuellement en train d'implanter des experts soigneusement sélectionnés dans plusieurs pays ayant manifesté un intérêt et un engagement clairs pour réglementer et sécuriser leur domaine maritime.

 

Financement

La plupart des activités de sûreté maritime menées par l'OMI dans la région sont financées par l'intermédiaire du Fonds d'affectation spéciale de l'OMI pour la sûreté maritime en Afrique de l'Ouest et du Centre, un fonds multidonateurs volontaire. Les contributions financières peuvent être effectuées par des États Membres des Nations Unies ou de l'OMI, des organisations, des institutions ou des personnes privées afin de soutenir les initiatives en matière de coopération technique ou de renforcement des capacités. Les États Membres, les organisations intergouvernementales (OIG) ou les organisations non gouvernementales (ONG) bénéficiant du statut consultatif peuvent également soutenir les efforts de l'OMI par le biais d'une contribution en nature.

Pour l'heure, le Fonds d'affectation spéciale de l'OMI a reçu plusieurs contributions généreuses de la part des Gouvernements des États suivants : Angola, Chine, Nigéria, Norvège, Japon et Royaume-Uni. Le Fonds reste ouvert à toute donation visant à soutenir les initiatives de l'OMI en matière de coopération technique et de renforcement des capacités. 

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