Ignorer les commandes du ruban
Passer au contenu principal

Skip Navigation LinksSupport-for-seafarers-during-COVID-19 Soutenir les gens de mer en première ligne de la COVID-19

Skip Navigation LinksIMO / French / Centre de presse / En savoir plus / Soutenir les gens de mer en première ligne de la COVID-19

Soutenir les gens de mer en première ligne de la COVID-19

 


La pandémie de COVID-19 a placé des gens de mer partout sur la planète dans des situations précaires. En raison des restrictions aux déplacements, certains ne peuvent pas quitter leur navire, être rapatriés chez eux, ou même obtenir une assistance médicale d'urgence. D'autres gens de mer ont vu leurs contrats résiliés unilatéralement ou se sont retrouvés en quarantaine à bord de navires pendant plus de 14 jours, sans être payés. 

De nombreux gens de mer, ainsi que des conjoints et membres de la famille de gens de mer, ont contacté l'OMI pour faire part de leurs inquiétudes à propos d'une multitude de situations difficiles causées par la pandémie de COVID-19.

L'OMI a mis en place une équipe de gestion de crise pour les gens de mer pour aider à résoudre les cas individuels, qui travaille fréquemment en collaboration avec d'autres organisations comme l'Organisation internationale du Travail (OIT), la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et la Chambre internationale de la marine marchande (ICS). Depuis le début de la crise, cette équipe travaille sans relâche pour contacter des représentants de Gouvernements, d'organisations non gouvernementales (ONG), de syndicats et d'associations, ou encore orienter les gens de mer vers les ressources appropriées, afin de trouver des solutions. Les gens de mer et leurs proches peuvent contacter l'équipe dédiée de l'OMI en envoyant un courriel à l'adresse suivante: info@imo.org

Voici des exemples où l'intervantion de l'OMI a fait une différence pour des gens de mer partout sur la planète.

 Aider les gens de mer à rentrer chez eux

Un marin rapatrié après plus de 100 jours au large

Le 10 mai 2020, l'OMI a été contactée par un marin fatigué à bord d'un navire de servitude au large. Le marin et plusieurs de ses collègues avaient passé 100 jours en mer, sans pause ou congé. Certains avaient franchi le cap des 140 jours et ignoraient toujours quand ils pourraient être relevés. Le marin était inquiet, puisque son employeur prévoyait prolonger de deux mois les contrats des membres d'équipage.

« Nous sommes tous éprouvés par cette longue période au large, surtout que nous n'en voyons pas la fin. Pour beaucoup d'entre nous, cela n'est pas bon et cela met certainement la sécurité en jeu », a plaidé le marin dans un courriel adressé à l'équipe de gestion de crise pour les gens de mer de l'OMI.

L'équipe a porté ce message à l'attention d'organisations non gouvernementales (ONG) bénéficiant du statut consultatif ou du statut d'observateur au sein de l'OMI. Elle a aussi contacté les autorités maritimes des États du pavillon et du port concernés.

À la suite de cette intervention rapide de l'OMI, l'État du port a confirmé qu'il prendrait les mesures nécessaires pour faciliter le changement d'équipage pendant que le navire se trouverait dans un de ses ports ou terminaux. Par conséquent, le marin a pu rentrer auprès de sa famille.

seafarer_at_work.jpg

Protéger la santé mentale des gens de mer

Un marin à bord d'un porte-conteneurs a envoyé un appel à l'aide à l'OMI le 12 avril 2020. Son contrat, qui devait se terminer à la fin mars, avait été prolongé d'un mois. Le marin affirmait que sa compagnie ne prenait aucune mesure pour relever l'équipage, même si cette option était possible grâce à l'aide du gouvernement.

Bien qu'il reconnaissait que ses collègues et lui-même ne se trouvaient pas dans une situation critique sur le plan physique, le marin faisait part de graves répercussions sur leur santé mentale. « Nous avons de la nourriture et tout se passe bien, mais le principal problème, c'est notre santé psychologique », a expliqué le marin dans un courriel envoyé à l'équipe de gestion de crise pour les gens de mer de l'OMI.

L'équipe a conseillé au marin de communiquer avec l'administration maritime nationale et les syndicats compétents. L'OMI a aussi porté l'affaire à l'attention des États du pavillon et du port concernés. Cette intervention diplomatique a contribué à résoudre l'affaire. L'État du pavillon a confirmé qu'il aiderait le marin à être rapatrié.

En mai, le marin et un autre membre de l'équipage ont pu rentrer chez eux en toute sécurité. Une fois rentré, le marin a chaleureusement remercié un membre de l'équipe de gestion de crise pour les gens de mer pour son aide et son soutien, écrivant: « vous êtes vraiment un homme au grand cœur. »

silhouette-of-man-standing-near-body-of-water-during-sunset-3765562.jpg

Une marin rapatriée pour soutenir ses parents vulnérables

​Une marin britannique souhaitait ardemment retrouver sa famille, après avoir travaillé pendant des mois à bord d'un navire à passagers dans le Pacifique. Des membres de sa famille à la santé fragile avaient besoin de son soutien dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Elle était déterminée à être à leurs côtés. 

Toutefois, la pandémie a fait dérailler ses plans de rentrer chez elle à la mi-mars. Les autorités d'immigration de l'État du port ont initialement refusé de lui donner l'autorisation de voyager, en raison d'une modification aux règles effectuée presque sans préavis. La marin était coincée à bord du navire, qui était à l'ancre, sans aucun moyen de rentrer chez elle. 

Le 31 mars, elle a envoyé un courriel à l'OMI pour demander de l'aide. « Comme c'est le cas pour tant d'autres gens de mer en ce moment, je souhaite désespérément rentrer chez moi. Mes parents et ma grand-mère sont vulnérables et je ne peux penser à rien d'autre », a-t-elle plaidé. La marin a ajouté que la situation avait un impact sérieux sur sa santé mentale, et craignait qu'elle n'affecte également sa capacité à remplir ses fonctions d'officier à la passerelle. 

L'OMI a immédiatement contacté l'État du port et l'État de la marin et a informé les organisations non gouvernementales appropriées. Ces efforts ont aidé à résoudre le problème. Grâce à une coopération efficace entre le syndicat local des gens de mer et l'État du port, la marin a été autorisée à rentrer chez elle le 12 avril. 

Dans un message envoyé à l'OMI le lendemain, elle a remercié l'Organisation et l'État du port de lui avoir permis de retrouver sa famille. « Je suis soulagée et extrêmement heureuse d'être de retour!  Merci beaucoup pour toute l'aide et le soutien que vous m'avez apportés. Je suis également très reconnaissante à [l'État du port] de m'avoir permis de voyager. L'ensemble du processus a été très bien géré et contrôlé », a déclaré la marin. 

 Garantir l'accès à des soins médicaux pour les gens de mer

Organiser une évacuation médicale urgente

Le 14 mai 2020, l'OMI a été informée d'une situation d'urgence à bord d'un navire cargo. Un marin souffrait d'une forte douleur causée par une enflure qui s'étendait de sa gencive jusqu'au côté gauche de son visage et une partie de son cou.

Le navire et l'affréteur avaient demandé une visite médicale à bord cinq jours plus tôt, mais cette demande avait été rejetée par les autorités douanières sur la base des restrictions liées à la COVID. Lors d'un examen réalisé par vidéo, un médecin a confirmé qu'une intervention chirurgicale d'urgence était nécessaire, car le risque de septicémie était très élevé. La santé du marin se détériorait de jour en jour. Déjà, il était très faible et incapable de bouger.

Les tentatives du capitaine du navire pour obtenir l'évacuation médicale du marin s'étaient soldées par un échec. En effet, les autorités portuaires ont refusé d'autoriser le marin à débarquer pour recevoir les soins médicaux dont il avait urgemment besoin, en raison des exigences d'une quarantaine de 14 jours et parce qu'aucun hôtel de quarantaine n'était disponible pour l'accueillir.

Le capitaine et les autres gens de mer à bord craignaient pour la vie du marin. « Il est très difficile de comprendre que dans une situation aussi critique, il n'y a pas de soutien approprié pour sauver la vie d'un être humain », a écrit un collègue du marin dans un message qui a ensuite été transmis à l'OMI.

Après avoir été informée de l'affaire, l'équipe de gestion de crise pour les gens de mer de l'OMI est immédiatement intervenue, en collaboration avec la Chambre internationale de la marine marchande (ICS) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). L'OMI a communiqué avec les points de contact diplomatiques de l'État du port et de l'État de résidence du marin. Des discussions intenses et une bonne collaboration ont permis de résoudre l'affaire rapidement.

Le 15 mai, un jour après que l'OMI a été informée de la situation, l'équipe de gestion de crise pour les gens de mer a reçu la confirmation que le marin avait pu débarquer et qu'il était transféré dans un hôtel. Si le résultat du test de dépistage de la COVID-19 était négatif, il serait emmené à l'hôpital pour subir l'opération dont il avait urgemment besoin.

evacuated_seafarer_2.jpg

L'OMI vient en aide à un marin victime d'un accident vasculaire cérébral

Lorsqu'un marin de 45 ans à bord d'un grand navire de charge a commencé à présenter des symptômes d'accident vasculaire cérébral (AVC), à la mi-avril, le capitaine a été immédiatement alerté.  

Le lendemain, l'état du marin s'est aggravé. Il semblait confus, il avait de la difficulté à parler et il souffrait de douleurs sous l'épaule gauche. De plus, son bras et sa jambe gauche étaient paralysés. Le capitaine savait qu'il devait agir, et vite.

Le diagnostic d'AVC a été confirmé par le service d'assistance médicale à distance Global Voyager Assistance. Cependant, le navire se trouvait à plus de 220 km du port le plus proche et les autorités portuaires ont rejeté les premiers appels pour une assistance médicale d'urgence, en raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19. Malgré les demandes répétées du capitaine du navire, du syndicat national représentant le marin et de celui du pays vers lequel le navire se dirigeait, le navire ne pouvait pas entrer au port. 

Après plusieurs heures d'intenses discussions, le navire a initialement reçu la confirmation qu'il pouvait entrer au port pour que le transfert médical ait lieu.

Cependant, cette décision a été annulée six heures seulement avant le moment où le navire devait arriver. Le capitaine a reçu la consigne de mettre le cap sur un autre port, dans un autre pays situé à plus de 600 km de là.

Le temps pressait. Le capitaine a insisté et a fait une nouvelle demande pour obtenir l'évacuation médicale du marin, mais cette seconde tentative a également été rejetée par les autorités, notamment les services d'immigration et une équipe spéciale locale sur la COVID-19. Une fois de plus, les restrictions reliées au coronavirus étaient en cause.

La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a ensuite été avisée. L'ITF a fait appel à deux institutions des Nations Unies, soit l'Organisation maritime internationale (OMI) et l'Organisation internationale du Travail (OIT), leur demandant d'intervenir d'urgence auprès du gouvernement afin que les conventions internationales soient respectées et que le marin puisse recevoir les soins médicaux immédiats dont sa vie dépendait.

L'OMI et l'OIT ont agi rapidement. L'OMI a contacté des représentants du gouvernement national, tandis que l'OIT a proposé de préparer une lettre d'intervention. Ainsi, l'évacuation médicale a finalement été autorisée et un navire de police a été envoyé pour évacuer le marin. 

Le président du syndicat national qui représente le marin a déclaré : « Après avoir personnellement travaillé sur ce cas pendant plus de 48 heures, nous sommes soulagés que nos appels aient été entendus et que notre membre ait enfin accès aux soins médicaux auxquels il a droit. Nos pensées se tournent maintenant vers sa santé. Nous lui envoyons, de la part des syndicats maritimes à travers le monde, nos meilleurs vœux pour un prompt rétablissement. » 

« Nous tenons à remercier sincèrement [le syndicat local] et l'ITF pour leur aide, ainsi que l'OIT et l'OMI pour leur intervention rapide. Sans leur soutien, nous n'aurions peut-être pas réussi à obtenir l'évacuation d'urgence et les soins médicaux nécessaires pour lui sauver la vie », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l'OMI, Kitack Lim, a maintes fois pressé les Gouvernements de désigner les gens de mer comme « travailleurs-clés » au cours de la crise actuelle, afin que ces travailleurs soient exemptés des restrictions strictes aux déplacements.  « La santé et le bien-être des gens de mer sont aussi importants que ceux de quiconque », a rappelé M. Lim.

evacuated_seafarer_1.jpg

 Protéger la santé et la sécurité des gens de mer

Assurer un environnement de travail sûr dans le contexte de la pandémie

Fin mars, le capitaine et l'équipage d'un vraquier étaient extrêmement inquiets. Ces gens de mer, tous de nationalité indienne, craignaient que le processus de déchargement de leur cargaison ne les expose à des risques considérables de contracter la COVID-19. 

Faute d'accès à une grue flottante dans un port asiatique, le personnel du navire s'apprêtait à devoir embarquer 60 débardeurs pendant trois semaines, sans qu'aucun dépistage des symptômes de la COVID-19 ne soit réalisé. Ces débardeurs allaient rester dans des tentes de fortune sur les ponts du navire pour l'opération de déchargement d'une cargaison de soja. 

« L'équipage du navire est très préoccupé par ces contacts avec le personnel à terre pendant les opérations liées à la cargaison, puisqu'il est impossible de maintenir une séparation totale », ont déclaré le capitaine et 19 membres d'équipage dans une lettre transférée à l'OMI le 1er avril.

L'OMI a immédiatement contacté la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et la Chambre internationale de la marine marchande (ICS). L'État du pavillon a été invité à jouer un rôle de médiateur auprès du capitaine et du propriétaire du navire, qui sont parvenus à une entente le 7 avril. Le navire a été déplacé vers un autre poste de mouillage et la cargaison a été déchargée en toute sécurité.